3. Quand les micro-touches se perdent dans la hauteur d’eau
Les turbulences des strates supérieures de la colonne d’eau masquent parfois les micro-touches qui interviennent au cours d’une dérive.
En d’autres mots : le poisson a pu prendre la nymphe, mais les courbes présentes dans la partie immergée de la ligne – « le mou » – ont minoré la touche, la rendant presque invisible. Ce problème survient souvent dès que la hauteur de prospection dépasse 1,20 m à 1,50 m ou en présence de courants complexes qui se rencontrent et se perturbent mutuellement, imprimant des micro-mous dans notre bannière immergée. Ce phénomène sera particulièrement marqué également dans les rivières au fond constitué de gros blocs.


Dans ce cas, pour détecter les micros-touches, il conviendra de rajouter un peu de lestage à sa dérive pour retrouver davantage de contact, donc d’augmenter le poids de sa nymphe.
Lorsque l’on pêche des trous profonds, supérieurs à 1,50 m/2 m, il sera très difficile de maintenir le contact sans surdimensionner un minimum sa nymphe, son poids j’entends.
On pourra coupler ce lestage supérieur avec une petite astuce qui consiste à reprendre manuellement le contact avec sa nymphe (après la phase d’immersion) soit en relevant très légèrement le scion, soit, et je préfère cette deuxième solution, en récupérant un peu de bannière via sa « main de fil ». J’ai dédié un module au rôle de la main de fil dans la formation vidéo. Cette reprise de contact aura forcément un effet sur la nymphe en dérive qui se décalera légèrement vers le haut ; ce que l’on pourrait assimiler à une forme d’animation. Le plus important demeure néanmoins d’avoir repris contact avec sa nymphe et d’être à même de détecter la touche. Quitte ensuite à lui redonner plus de naturalité en relâchant la tension.
4. Micro-touches = micro-ajustements !
Par micros-touches, l’on peut entendre touches très peu marquées, mais également touches très fugaces, très brèves. Le cas des touches dans les radiers de faible profondeur illustre bien cette deuxième notion.
Dans ce type de profil au courant assez rapide, les poissons ne sont pas « au repos », mais clairement en phase de nourrissage. Ainsi sont-ils hyper-réactifs et saisissent souvent la nymphe immédiatement à l’impact. Pour ces postes, il faut être en contact immédiat et amorcer le suivi de la dérive dès l’impact de la nymphe sur l’eau. Cela implique parfois de suivre le courant presque plus vite que sa vitesse naturelle pour rester en contact (de « peigner » en limite de traction), au risque de perdre un peu de naturel. Là encore tout sera question d’arbitrage et d’expérimentation.

Parfois, le micro-ajustement ne concernera pas la vitesse de la dérive, mais la longueur de la pointe.
Cet été, je pêchais une petite rivière à proximité de la maison. J’avais machinalement réglé ma pointe à l’identique des jours précédents. Le coup était assez marqué, et je savais que le courant choisi abritait un grand nombre de poissons. Pourtant, après plusieurs passages, toujours aucune touche ! C’était assez peu perceptible, mais le niveau avait – comme c’est souvent le cas d’un jour à l’autre en été – très légèrement baissé. Je décidai donc de raccourcir ma pointe (déjà relativement courte) de 5 cm. Cela semble tellement insignifiant, 5 cm ! Les dérives suivantes se soldaient par plusieurs poissons ; et les touches avaient été imprimées sur l’indicateur de manière évidente.
Mon hypothèse : soit lors des dérives précédentes, ma nymphe passait juste en dessous des truites, lesquelles, on le sait, s’alimentent plutôt directement à leur hauteur ou au-dessus ; d’une manière générale, leur vision est plutôt orientée vers la partie haute de la colonne d’eau que vers le fond.
Soit je passais exactement à leur niveau. Les poissons prenaient et recrachaient tellement vite qu’aucune manifestation décelable ne s’imprimait sur l’indicateur. En raccourcissant ma pointe, je les forçais à un très léger décalage vers le haut, minime, de quelques centimètres, et ce décalage permettait l’impression de la touche sur l’indicateur.

Dans tous les cas, j’ai maintenant tendance à penser que durant les périodes où les poissons sont actifs, une pointe un petit peu trop courte s’avérera souvent moins préjudiciable qu’une pointe trop longue. Il conviendra tout de même de la laisser « vivre », dériver, le plus naturellement possible.
En d’autres circonstances la pointe « longue » présentera d’autres avantages. Nous y reviendront dans un autre article !
En attendant la réouverture (cela paraît si loin !), je vous souhaite un beau mois de novembre !
À bientôt,
Retrouver le livre (maintenant disponible chez La Fine Mouche) : https://urlz.fr/t9yV
Accès à la formation : https://nympheaufil.livre-guide.fr/formation
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